À propos

Il y a plusieurs années que j’ai arrêté de m’informer. Parmi les raisons qui m’ont conduites à faire ce choix l’une d’elle semblait implacable : Internet avait fait bouger les lignes.

L’information devait être transmise toujours plus rapidement quel qu’en soit le prix à payer quant à la qualité. Il semblait que tous les médias, petits ou grands, se soient pliés à ces règles sans sourciller.

Pourtant je portais l’intuition que la rapidité que permet internet ne signifiait pas que l’on devait sacrifier le travail et la profondeur du contenu.

Alors que j’étais encore étudiant, une amie faisait son mémoire sur le slow journalism. Le terme m’intriguait, je connaissais sa variante alimentaire dans le nom et dans le principe : le slow food. Mais à quoi pouvait bien ressembler le slow journalism ?

C’est à la lecture de son mémoire et aux conversations qui s’en suivirent que je devais ma rencontre avec cette nouvelle forme de transmission de l’information. Très rapidement je découvris avec joie les premiers magazines s’inscrivants dans cette démarche d’information lente.

Rapidement convaincu par cette idéologie du temps long nécessaire à la production de qualité, je trouvai toutefois dommage de ne pas pouvoir trouver les mêmes formats sur internet.

Etonnamment, c’est sur Twitter que j’ai trouvé par hasard ce que je cherchais : Deux sites présentant des formats longs et s’assumant pleinement sur le web. Pour autant, ces deux acteurs du format long ne sont pas à classer dans le courant du slow journalism, même s’ils en partagent les valeurs.

A l’heure où la tendance est au format court et instantané, trouver des gens qui avaient suffisamment d’audace et de conviction pour ne jamais sacrifier la qualité de leur travail sur l’autel de l’instantanéité semblait une prouesse.

Des essais pour l’un, des interviews pour l’autre*. Voilà ce que ces deux sites proposaient pour mon bon plaisir. Seul ombre au tableau, ces sites ne sont disponibles que dans la langue de Shakespeare.

*Aeon & The great Discontent

Cette disponibilité uniquement en Anglais s’est rapidement avérée frustrante lorsque je souhaitais partager ces articles de qualité avec mes proches.

Je me souviens très précisément du moment où l’idée m’a frappé. C’était à Copenhague dans une petite rue, je regardais la façade d’un immeuble coloré quand mes yeux se posèrent sur ce qu’ils pensèrent être la vitrine d’un magazine danois. Mes compétences linguistiques ne permettront jamais de confirmer si c’était le cas ou non mais peu importe, l’idée était là : je devais créer un site dont les valeurs seraient ancrées dans celle du slow journalism.

Ah la belle idée ! Proposer des essais sur des questions larges et qui me touchais, voilà ce que j’allais faire.

C’est à Oslo, que cette idée est revenue sous une forme différente. Assis sous un arbre en compagnie d’une amie, chacun vaquait à sa lecture. Malgré le calme d’une belle journée de printemps, j’avais un mal fou à me concentrer, quelque chose m’empêchait de penser clairement.

En un instant ce quelque chose s’est matérialisé en Idée : S’il est trop complexe d’écrire des essais alors il faut faire des interviews !

C’est ainsi qu’est né Conversationalist ; par un heureux concours de curiosité, de sérendipité et d’une idée qui fait son chemin dans le temps.

Conversationalist c’est l’expression d’une irrépressible volonté d’apporter un contenu de haute qualité disponible gratuitement et en français. Ce sont des interviews drivées par l’envie de faire découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives sur le monde. C’est un site qui donne envie d’aller à la rencontre de l’autre, de le questionner, de l’écouter mais c’est surtout un lieu où on laisse le temps aux idées de converser.

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